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Le Kéké !

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Le Kéké !

Message  ncjack le Lun 18 Mar - 1:45

La Chronique de Koud'pied o'Kick


KroniK de printemps


Zeu retourz of zeu Kéké©


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]C'est à nouveau la saison des Kékés ! Aaaah... Le
Kéké©...

Notre Jacky à nous. Notre fierténationale sur lalignebleudévoge.
Le mètre-étalon de notre beauferie...


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Le Kéké, pas fou, hiberne en général d'octobre
à avril, ou d'avril à octobre s'il est Australien (en comptant
large). Mammifère aux moeurs peu étudiées de manière
systématique, son territoire de chasse va de la terrasse de café
aux pistes de stunt. Reconnaissable à son pelage bariolé,
souvent assemblé de bric et de broc, il chevauche un terrible engin
aussi bruyant que poussif, mais rarement assorti à son pelage puisqu'il
vient de changer de modèle. Un casque verkipète et un blouson
violèdlamortkitu sur une moto rougekiflash, voilà les signes
de reconnaissance du Kéké de base. Très classe.

Mais le Kéké est sournois. Il lui arrive de réunir
la somme nécessaire pour se payer la combarde kivabien, en accord
avec les tons de sa monture. Et là, l'affaire se corse (boum).
Plus question de se fier aux apparences. Il faut donc, pour identifié
un Kéké, s'en rapprocher (l'air de rien) et le regarder
bouger et parler.

Ah, oui, parce que ça parle et ça bouge, un Kéké.
Et pas qu'un peu...

Le langage corporel du Kéké et là pour compenser
son manque de vocabulaire. Un mouvement vif du poignet droit ne signifie
pas qu'il renoue avec ses origines ancestrales et explique comment tordre
le cou à un volatile quelconque. Non, non, pas du tout. Le Kéké
veut exprimer par là qu'il a découvert par hasard le fonctionnement
de la poignée de gaz rotative, invention que l'on doit, je le rappelle,
à messieurs Harley et Davidson, fabricants de tracteurs hémiplégiques.
Ce mouvement du poignet est souvent accompagné d'une onomatopée,
comme prouuut !, waaap !, ou gaz ! qui souligne l'action déterminée
sur ladite poignée de gaz. Notez au passage l'absence de décalage
entre le geste et l'onomatopée qui l'accompagne : le Kéké,
de ce point de vue là, est un chef d'oeuvre d'intégration
bineuronale (un neurone pour prout ! ou gaz ! et un pour le poignet).


Si le Kéké prend une pose simiesque et agite les bras d'avant
en arrière en accompagnant son geste de bruits rappelant ceci :
wabroo, wabroo, wabroo, il n'est pas du tout en train d'expliquer ses
rituels d'accouplement. Pas plus qu'il n'illustre sa savante maîtrise
du motoculteur. Pas du tout. Il est plongé dans une tentative d'enseignement
à ses congénères d'un opération des plus délicates
et qui nécessite l'utilisation simultanée de pas moins de
trois neurones : le freinage-rétrogradage. Après avoir découvert
l'usage du frein avant, invention que l'on doit, je le rappelle, à
Cesare Brembo, prêtre italien du 14e siècle, le Kéké
s'est aperçu que son usage combiné avec une boîte
de vitesse de type séquentielle permettait à sa machine
de produire des sons tout à fait étranges. D'où l'excitation
du Kéké. A un autre niveau, on peut considérer que
les onomatopées gaz ! (ou prouut ! ou waaapp !) et wabroo wabroo
constituent une forme d'incantation religieuse et/ou de signe de reconnaissance
des Kékés entre eux.

Il arrive aussi au Kéké de prendre une posture consistant
à se pencher violemment vers la gauche ou vers la droite, tout
en décalant nettement son centre de gravité (son cul, quoi),
vers l'arrière. Là encore, les apparences sont trompeuses.
Le Kéké ne cherche pas à faire s'écouler un
reste d'eau stagnante au fond de ses conduits auditifs tout en chassant
un excès de pression interne au niveau de son appareil digestif.
Pas du tout. Il est juste en train d'expliquer à une foule d'admirateurs
(-trices) en transe quelques principes de mécanique des solides
en général, et les effets de la force centrifuge en particulier.
On doit l'invention de la force centrifuge, je le rappelle, à monsieur
Ferdinand Moulinex, fabricant de toute une série de modèles
de paniers à essorer la salade. Cette mimique peut tout à
fait être combinée aux deux précédentes déjà
mentionnées, mais pas les trois en même temps (ou alors,
vous êtes tombé sur un Kéké de concours, digne
de partager le prochain dîner que vous préparez avec quelques
collègues de travail facétieux, auquel cas le Kéké
a le potentiel nécessaire pour faire rejaillir sur vous un prestige
incomparable aux yeux des dits collègues).

Avec ces trois mimiques de base et l'identification visuelle de l'harmonie
des couleurs de son pelage, le lecteur est susceptible de dégrossir
sa quête du Kéké. On peut même affirmer que
si ces deux conditions sont remplies, on a 85 % de chances d'être
tombé sur un Kéké.

Notez tout de même que le Kéké, pour donner la pleine
mesure de son potentiel, doit être entouré d'au moins 6 personnes.
En dessous de ce seuil, le Kéké peine à trouver ses
marques, et son rendement s'en ressent.

La chasse au Kéké


Tout d'abord, il faut savoir que le Kéké est une espèce
protégée et particulièrement choyée par les
concessionnaires et les fabricants d'accessoires et de vêtements.


Avant de partir à la chasse au Kéké, il est impératif
de se trouver en dehors de la ZLPS (zone limite de perception sensorielle)
d'un concessionnaire ou d'une revendeur d'équipements. Autrement,
les conséquences pourraient être catastrophiques pour vous.
La pire chose qui puisse arriver à la chasse au Kéké
est bien de voir débouler le concessionnaire ou le fournisseur
attitré dudit Kéké, brandissant catalogues, prospectus
et boîboîte à carte bleue pour lui apporter un soutien
moral. En outre, le Kéké est l'une des composantes fondamentales
du maintien de la balance des paiements intracommunautaire et entre l'Europe
et le Japon, et on déconne pas avec ce genre de bidule (ça
mord).

1. Identifier le lieu


Le Kéké, comme on l'a dit, fleurit sur les trottoirs et
les voies rapides d'avril à octobre. Mais, pour que la chasse soit
fructueuse, des conditions climatiques et économiques particulières
doivent être réunies :

- la température de l'air doit être comprise entre 18 et
32 degrés Celsius (Celsius, je le rappelle, est l'inventeur de
l'eau tiède). De plus, le taux d'hygrométrie doit se tenir
dans une fourchette de 65 à 80%.

- les dernières précipitations doivent remonter à
au moins 24 heures, et l'ensemble du terrain de chasse ne doit pas présenter
la moindre trace d'humidité

- dans un rayon de 200 kilomètre autour du terrain de chasse,
aucune précipitation de quelque nature que ce soit ne doit être
annoncée dans les prochaines 72 heures. Même la présence
d'arroseuses municipales peut faire fuir le Kéké.

- les fluctuations du cours du brut et de la TIPP ne doit pas avoir excédé
les 3,27% sur les marchés au cours des 15 derniers jours.

- le dernier arrivage de machines « made in Japan » doit
avoir eu lieu au moins un mois avant, pour laisser le temps au Kéké
de s'équiper de la dernière sportivalamod.

2. Les modes d'interception du Kéké


a/ l'interception dynamique

Les professionnels de la chasse au Kéké sont formels :
intercepter un Kéké en mouvement sur voie rapide nécessite
des nerfs solides et beaucoup d'expérience tant les risques sont
importants. Dépasser un Kéké, en effet, requiert
une science consommée du pilotage, vues ses trajectoires approximatives
et ses freinages inopinés en ligne droite. Cependant, procéder
de la sorte permet d'identifier à coup sûr un Kéké.
S'il pose le genou en ligne droite, s'il freine à mort à
la vue d'un virage -même distant de 300 mètres, s'il vitupère
contre une voiture qui s'approche à moins de 18 mètres de
sa machine, s'il reste droit comme in « i » sur sa moto en
virage mais se désarticule les cervicales pour conserver la tête
droite, s'il tombe deux rapports dans chaque tunnel pour mettre sa moto
en zone rouge et utilise le coupe-circuit pour faire boum boum avec son
moteur dans ces mêmes tunnels, à coup sûr, on a repéré
un Kéké.

Attention ! Le dépasser, nous ne le répéterons jamais
assez, nécessite les plus grandes précautions !

On choisira son moment de manière stratégique, toujours
en virage, où le Kéké fait généralement
un rapide calcul mental et retranche 40 km/h à la limitation de
vitesse en vigueur pour adopter une allure qu'il juge, lui, « extrême
» (devant ses fidèle, en revanche, le Kéké
ajoutera 40 km/h à son estimation de vitesse de passage, ce qui
prouve que le Kéké maîtrise le calcul mental). A ce
moment précis, déborder largement, et toujours par la droite,
le Kéké. En effet, scotché à la file de gauche,
il y a fort peu de chances que vous ayez la place de le déborder
de ce côté. Il est, de plus, impératif de dépasser
le Kéké avec une différence de vitesse d'au moins
30 km/h, mais inférieure à 50 km/h. Trop lentement, le Kéké
sera tenté d'inventer une excuse, trop vite le Kéké
refusera l'affrontement. Dès la sortie du virage, essorez la poignée
: piqué au vif, le Kéké va sans doute exploiter à
fond les capacités de sa machine pour revenir sur vous, au mépris
des règles les plus élémentaires de prudence et de
courtoisie. Comme sa machine est fort bruyante, heureusement, le chasseur
a l'avantage. Si le bruit entendu correspond peu ou prou à un «
wabada bada bada », les risques sont limités : le Kéké
vient de se louper au passage d'une vitesse, et il est loin derrière.
Dans le cas contraire, bien surveiller ses rétros !

Quand les rôles sont inversés, les risques sont encore plus
importants. Rattrapé par un Kéké pour une raison
quelconque (réserve, pas trop la forme, trop bouffé ce soir,
en rodage, plus que 2 points sur le permis), celui-ci exploitera immédiatement
cette faiblesse contre son adversaire du moment. Car le Kéké
a fait sienne cette maxime : « à vaincre sans péril,
on triomphe tout de même
».

On doit l'invention des maximes, je le rappelle, à Confucius qui,
au 2e siècle avant notre ère, avait prédit l'avènement
des Kékés, et avait donc concocté à leur intention
un ensemble de truismes et de tautologies afin qu'ils trouvent des réponses
déjà cuisinées (à réchauffer 2 minutes
au four thermostat 4) pour leur permettre de se défendre dans ce
monde sans pitié. A ce sujet, d'ailleurs, on peut const... PAF
!

- Koud'pied O'Kick : « Aïeheuuu ! »
- Le Modérateur : « Tu nous les brises à ramener ta
science, accouche ! »
- Koud'pied O'Kick : « Ouais, ben pisskeu c'est comme ça...
»
- Le Modérateur : « Pisskeu c'est comme ça QUOI ?
»
- Koud'pied O'Kick : « heu, bein... pisskeu... enfin, zut quoi...
ouais, bon, d'ac, je continue »

Le Kéké, donc, va utiliser n'importe quel moyen pour tenter
d'humilier le motard de passage. Deux options s'offrent à ce dernier
: rentrer dans la peau d'un chasseur ou refuser l'affrontement en prétextant
l'approche de la prochaine sortie d'autoroute.

Etudions un peu ces deux options :

<blockquote>
- La surenchère : C'est une technique risquée, car le
chasseur de Kéké ignore s'il a affaire à un Kéké
pur sucre, ou un véritable Frapadingue© qui connaît
le terrain comme sa poche et tutoie tous les joints de dilatation à
50 kilomètres à la ronde. Le premier contact visuel est
très important. Si l'opposant paraît amical, il s'agit
vraisemblablement d'un Frapadingue sûr de sa supériorité.
S'il apparaît hargneux, en revanche, on a toutes les chances d'être
tombé sur un Kéké en fin de rodage (le rodage consistant
à ne pas dépasser 2.000 tours/minutes pendant les 1.000
premiers kilomètres, puis de mettre le moteur au rupteur dès
la sortie de la première révision, mais au point mort
et sur la latérale, faut pas déconner). Enfin, si le proprio
vous ignore et que la bécane en question a l'air particulièrement
défraîchie, lâchez l'affaire : il s'agit d'un coursier,
et vous n'avez aucune chance de ressortir vivant du prochaine virage
si vous cherchez à le suivre.

</blockquote>
Suivre un Frapadingue peut s'avérer dangereux, mais payant. Le
Frapadingue a une bonne connaissance du terrain et épouser ses
trajectoires peut vous amener à faire des découvertes sur
un tracé pourtant connu. Un règle d'or cependant : si le
Frapadingue freine, ne cherchez surtout pas à le dépasser
: il a vu ou sait quelque chose que vous ne savez pas (route en travaux,
radar, camion en travers de la chaussée à moins de 50 mètres,
Airbus A 320 en approche sur ce que vous preniez au départ pour
une autoroute très large).

En revanche, s'il s'avère que son freinage n'avait pas de raison
apparente, plus de doute : c'est un Kéké de l'espèce
la plus perverse, qui met en confiance ses victimes avant de tenter de
les humilier. Là, pas d'hésitation : sus au Kéké
!

<blockquote>
- La fuite : Elle a pour inconvénient majeur de laisser le Kéké
impuni, et sûr de sa supériorité pendant encore
au moins 3 kilomètres avant qu'il ne rencontre un autre motard.
3 kilomètres durant lesquels il mettra en péril la vie
d'une foule d'innocents automobilistes insouciants et ignorants du fait
qu'un Kéké rôde dans l'ombre ou dans leur angle
mort, prêt à en découdre courageusement avec leur
rétroviseur ou leur portière. Elle laisse de plus la possibilité
au Kéké d'échafauder un énorme bobard où
vous tiendriez le rôle de la victime, enrhumée en public
devant les millions de fans du Kéké pour des siècles
et des siècles, amen. Insupportable, non ? La prudence fera néanmoins
reculer les plus circonspect, précisément à cause
des risques encourus à la chasse au Kéké, sans
même parler de ceux sur la réserve depuis 40 bornes : la
chasse au Kéké peut parfois durer 7 ou 8 kilomètres
avant que le Kéké ne renonce. Dans tous les autres cas,
la fuite est une mauvaise solution, puisque vous donnerez l'occasion
au Kéké de s'enfoncer un peu plus dans son délire
de supériorité. Faites un geste pour les Kékés
: remettez-leur les idées en place. Gaz !

</blockquote>
b/ l'interception statique

L'interception statique du Kéké, consiste d'abord à
bien l'identifier. Il existe plusieurs degrés de Kékétude
(rhoo... mesdames, voyons... nous parlons d'un sujet sérieux, là),
qui ne se révèlent qu'au bout de quelques minutes. Car la
hiérarchie des Kékés est bien établie : autour
d'un Kéké en Chef gravitent plusieurs Kékés
Auxiliaires qui vouent au Kéké en Chef une admiration sans
borne. Le meilleur moment pour attaquer un Kéké en Chef,
c'est quand il est seul, sans défense, et à 72 millions
d'années-lumière de chez lui. S'il est entouré de
plus de 2 Kékés Auxiliaires, n'insistez pas : vous êtes
en infériorité numérique (sauf dans le cas de la
chasse mixte que nous mentionnons ci-après).

Une fois l'identification opérée, il y a deux procédés
: la sur-kékétudes (mesdames, mesdames, s'il vous plaît...),
qui consiste à surenchérir sur le discours du Kéké
(en Chef ou Auxiliaire), ou l'humiliation. Ces deux méthodes sont
risquées : la sur-kékétude (bon, ça suffit,
maintenant, les filles !) nécessite une dose de mauvaise foi extra-pure,
et de solides connaissances terrain, alliées à un ego gonflable
à volonté. L'humiliation, elle, nécessite aussi une
bonne connaissance terrain, mais associée à un bagage technique
et historique au meilleur de sa forme. Par exemple :

- Le Kéké : « hier, j'ai croisé un type, chte
jure c'était Gérard Depardieu ! Chte jure ! Ma parole !
Comme moi je te vois ! J'hallucinait ! Pis très cool comme mec,
en plus, pas la grosse tête, hein ! On tape la discute, tranquille,
un p'tit verre chez Maurice. On discute bécane tout ça,
pis à un moment il me demande : « ça marche, ta moto
? ». Eh ! un peu que j'lui répond ! Ca marche du tonnerre
: presque 300 je prend. Pis elle est débridée, hein. Bon
pis voilà, au bout d'une heure, on est parti se tirer une petit
bourre. Mais chte raconte pas, c'te bourre d'anthologie ! Et puis, dans
le grand gauche avant Maison Alfort sur l'A14, Waaaaap ! (ndlr : mouvement
du poignet et pose déhanchée) j'lui ai grave mis sa mère.
J'hallucinait, parole, il est jamais revenu sur moi, chte jure. On a continué
jusqu'à Pontoise, sympa, tu vois, le mec, tranquille, 270 - 290,
peinard dans les courbes (ndlr : mouvement de déhanchement de droite
à gauche). Bon, OK, il avait une bécane qu'envoyait fort,
mais bon, j'le tenait à l'aise ».

- Le Chasseur de Kéké : « Depardieu est aux Etats-Unis
en ce moment. Je le sais, j'habite dans son immeuble. C'est pas l'A14
qui passe à Maison Alfort, et un Bandit 600, c'est pas bridé
et ça prend pas 290 ».

Notez la sécheresse du ton, et la brièveté de la
réponse. Avec les Kékés, il faut faire dans le chi-rur-gi-cal.
Sinon on en sort pas. La moindre faille dans le raisonnement sera exploitée
sans pitié. Et s'il ne trouve pas de faille, le Kéké
en rajoutera dans la sur-kékétude (bon, allez, c'est bon,
Martine, là, on a compris, sors, tu déranges tout le monde
à ricaner bêtement !). Dans notre cas, le Kéké
peut tout à fait se retrancher soit derrière un mensonge
éhonté : « eh ! j'lai lu dans France Dimanche qu'il
était de retour, Gérard Depardieu pour voir son fils pendant
les vacances », soit en mettant en doute vos connaissances techniques
« mais si que ça se débride un Bandit, faut juste
savoir comment on fait. Et moi je sais : suffit de mettre des arbres de
mille GXXR. Eh ! mon beau-frère il l'a fait sur sa Diversion, alors
j'le sais, raconte pas de conneries steuplé, j'le sais mieux que
toi. ».

Les plus courageux continueront à asticoter le Kéké
pour atteindre le sommet de la chasse au Kéké :

La chasse mixte


La chasse mixte est l'Expérience Ultime dans la chasse au Kéké,
le Nirvana auquel tout chasseur aspire. Il s'agit de combiner le deux
méthodes : l'humiliation publique, et l'humiliation sur route.
Reprenons le cas du Kéké tireur de bourre avec Gérard
Depardieu. Correctement chauffé par le chasseur, le Kéké
va s'enflammer et proposer un duel. Pas de gant jeté à la
figure, pas de témoins ni de Pré aux Clercs à l'aube.
Généralement, le Kéké lance son défi
de la sorte : « eh ben viens, on va se tirer la bourre jusqu'à
Lognes, viens, pisskeu je te dis qu'il passe à fond le virage.
Eh, c'est pas à moi que tu vas l'apprendre, même quand j'étais
en 50 j'le passais déjà à fond, alors... ».


C'est à ce moment-là que le chasseur de Kéké
peut dévoiler sa monture. Ici, les avis divergent : soit on tente
l'épate avec le dernier modèle de chez Kawazuki, soit on
la joue modeste en exhibant une machine avec un an, voire 18 mois d'occaze
(une ruine, quoi). Attention, quelques motos sont tout de même hors
concours : les 1100 GSX-R d'avant 1992, les Youplabouza et les RC30/RC45.
Ceci pour parer à tout excuse formulée par le Kéké
juste avant le départ. Pour les puristes, le chasseur doit posséder
une moto standard, juste équipée de quelques artifices,
dont l'inévitable pot qui fait prout prout (sinon, le Kéké
se méfie).

Et c'est parti. Comme le Chef Kéké entraîne sûrement
dans son sillage des Kékés Auxiliaires qui vont jouer le
rôle de témoin, il convient de redoubler de prudence, puisque
les Kékés Auxiliaires feront tout pour protéger l'honneur
du Kéké en Chef. Une bonne stratégie consiste à
enrouler en queue de peloton, non sans avoir semé le doute dans
la tête du Kéké en Chef par un démarrage canon.
Le Kéké en Chef va devenir, suite à cela, encore
plus brouillon (déjà que c'était pas l'extase avant,
mais là ça devient un supplice à regarder). Après
cette première estocade, rétrograder quasiment en queue,
tout en gardant un oeil sur les faits et gestes du Kéké
en Chef.

Arrivé sur le lieu de l'affrontement, dépasser dans les
règles de l'art le Kéké en Chef après avoir
déposé les Kékés Auxiliaires.

C'est ici que la chasse devient délicate. Car il s'agit de revenir
au point de départ pour achever le Kéké en Chef,
sans que celui-ci ne se défile en utilisant divers subterfuge :
emprunter un « raccourci » connu de lui seul et de ses sbires,
faire un arrêt inopiné à la pompe, suivi d'un longue
pause-clope pour décourager le chasseur, un arrêt sur le
côté en prétextant un ennui mécanique, etc...
Le chasseur devra se coller en milieu de peloton et surveiller encore
plus qu'au départ la conduite du Kéké en Chef.

Pendant le retour, le chasseur passera en revue les différentes
excuses possibles que pourrait formuler le Kéké en Chef
en fonction de la configuration de la route (voiture, camion, radar, trace
suspecte au sol) et préparer son argumentaire.

Les excuses les plus courantes du Kéké sont connues :
- je dois l'amener en révision, j'ai pas trop tiré dedans
- yavait des trace au sol
- c'est mon Dynojet, faut que je le règle
- t'as pas vu ce connard en Golf qui m'a déboîté dans
la gueule ?
- ouais mais bon, là, je le sentais pas trop, c'est ptete les pneus
qui chauffent pas
- t'as pas vu le radar ?
- ça doit être mon amorto arrière, ça pompait

Le Kéké en Chef, lui, a échafaudé tout une
série d'excuse à l'attention de ses Kékés
Auxiliaires, pour éviter de se voir détrôné,
la plus savoureuse étant, à mon sens : « mais ouais
mais ça se voyait qu'il la connaissait trop bien la route. On le
met sur une petite route qu'il connaît pas, et il vaut plus rien.
Pis toute façon y conduit comme un barge, si ya quoi que ce soit,
il est mort le mec, il est mort. C'est un fou ce mec, moi j'roule pas
avec des mecs comme ça, c'est des dangereux, y sont ouf' dans leur
tête. Mais ouais ! Attends ! Moi j'déconne pas avec ça,
moi, sérieux, c'est un ouf'. T'façon on l'a vu dès
le départ que c'était un ouf', le mec, juste comment il
m'a passé. Nan sérieux, c'est abusé des mecs comme
ça».

J'abrège, ça peut durer un quart d'heure.

Pour s'y retrouver en kékétude, impossible de passer à
côté de 2 éléments fondamentaux de la kultur
kéké : les magazines spécialisés et... les
cassettes de stunt en provenance des Uèsses. Ces magazines, que
je ne vous ferais pas l'insulte de dérouler la liste ici, ont un
seul but : renforcer le kéké dans son sentiment d'appartenance
à l'élite motarde, où la « petite vis chromée
» (Joe Bar Team copyright inside) est élevée au rang
de « phénomène de société », voire,
chez les plus pédants de « phénoménologie sociétale
». Alors on adonise, on monobratise, on peinture perso, on fullpowerise,
on taille dans la masse. Le taillé dans la masse m'a toujours bien
fait rigoler, il sert de caution morale à tout un tas de bricoles
insignifiantes ne supportant aucune contrainte mécanique, où
l'utilisation de cette technique d'usinage ne sert strictement à
rien sinon à gonfler la note. « Taïédanlamass
» semble constituer, pour le Kéké, l'Incantation Ultime
quand il cherche à démontrer la qualité du dernier
gri-gri monté sur sa machine. Té de fourche, je veux bien,
mais bloc compteur, faut pas me prendre pour une bille.

L'autre pierre angulaire de la kulture kéké est donc constituée
par les cassettes de stunt, où des types en t-shirt s'emploient
à casser leur moto de différentes manières. Je dois
bien avouer que certains d'entre eux sont très forts. Très
très forts. J'ai déjà du mal à tenir ma moto
quand je suis du côté droit de celle-ci, alors faire un tout
complet sur soi-même le hulk posé sur le réservoir
alors que la moto roule, franchement, belle perf'. Maintenant, quand Christère
Lambof essaye de faire de même sur l'Esplanade de Vincennes le vendredi
soir, ça devient moins drôle. Ne mesurant pas le décalage
qui existe entre son égo et la maîtrise de sa machine, Christère
Lambof risque non seulement de casser quelques jambes, mais aussi (et
c'est plus grave) de se couvrir de ridicule et donc perdre son statut
de Kéké en Chef. Si tu pouvais éviter de te vomir
dans mes pattes, ça serait sympa, j'en ai encore besoin pour quelques
années.

La monture du Kéké


En abordant le sujet de la monture du Kéké, j'hésite...
Car les voies de la kékétude sont impénétrables,
et ses frontières mouvantes. Ce qui fut le summum de la kékétude
quelques mois auparavant peut tout à fait devenir la norme. A contrario,
une idée originale peut être récupérée
par la Manufacture Nationale de Kékés et devenir un nouveau
symbole de kékétude. Personne n'est à l'abri du phénomène
de kékétudation d'un accessoire.

Je prends un exemple neutre : les loupiottes bleues sur les gicleurs
de lave-glace sur le capot d'une voiture. Le premier qui a fait ça
a eu une idée originale. Le second, c'était déjà
moins bien. Quand on a commencé à trouver ce genre d'accessoires
dans les magasins de tuning, celui à l'origine de cette idée
s'est retrouvé classé d'office dans la grande famille des
Kéké (ou Jackys©, pour les automobilistes).
Pareil pour celui qui a eu l'idée d'adapter une tête de fourche
(de 916, par exemple), un bras oscillant de VFR ou une coque arrière
de MV sur une autre machine. Ce qui « fait joli » aujourd'hui
peut tout à fait « faire beauf' » demain.

Et c'est bien là le drame : on est toujours le kéké
d'un autre.


PS : je n'accepte les mails d'insultes qu'en petites
coupures dont les numéros ne se

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Re: Le Kéké !

Message  BUSEMAN le Lun 18 Mar - 18:35

rigol mdr 4 MDR 3

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Re: Le Kéké !

Message  ncjack le Mar 19 Mar - 0:16

Tellement vrai ! mdr 4

ncjack
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Re: Le Kéké !

Message  Magnum le Mar 19 Mar - 17:21

Trop long ! mdr 4 mdr 4

Magnum
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Re: Le Kéké !

Message  Zaurent le Mer 20 Mar - 15:31

brav Excellent ! J'ai vu défiler quelques visages en lisant ça mdr 4

Zaurent
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Re: Le Kéké !

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